La réunion se voulait "républicaine". Mais lorsque la socialiste Marie-Guite Dufay, présidente de la région Franche-Comté, a voulu prendre la parole, les sifflets ont retenti, des militants se sont levés. La salle des fêtes de Pontarlier avait été "faite" à la main de l'UMP pour la visite de Nicolas Sarkozy, à cinq jours du premier tour des élections régionales.
"On était dans un meeting politique. Plus c'est gros, plus cela passe. Je suis triste pour la République", protestera plus tard Mme Dufay, dénonçant l'utilisation des moyens de l'Etat à des fins partisanes.
M. Sarkozy a dû, finalement, donner la parole à la présidente socialiste. Mais après s'être plaint de la concurrence de la Suisse voisine, Mme Dufay a commis une erreur tactique en annonçant qu'elle espérait pouvoir accueillir prochainement le chef de l'Etat "en tant que présidente de région".
Mme Dufay s'étant placée en candidate, M. Sarkozy riposte. Lui s'attaque "au cancer des 35 heures" et il passe la parole au maire (UMP) de Vesoul, Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et chef de file de la majorité pour les élections régionales, qui conclut la réunion. " J'aurai le sentiment d'avoir modéré cette table ronde", lâche le président.
"IMPRUDENTS, TOUS CES OBSERVATEURS"
Pendant toute la matinée, le chef de l'Etat, qui achèvera la campagne des élections régionales par un entretien au Figaro Magazine samedi 13 mars, a prétendu qu'il ne s'était pas déplacé à des fins partisanes.
Elections municipales, européennes, législatives, cantonales puis présidentielle, à l'entendre, les Français votent chaque année. " Si je ne dois pas venir quand il y a des élections, je ne viendrai pas souvent en Franche-Comté ", a assuré M. Sarkozy. Ce mardi 9 mars, le président est bel et bien venu donner un coup de pouce à son ministre, dans une des rares régions susceptible de basculer à droite.
Il a décidé de jouer Paris contre la province, la France qui travaille contre les médias. En pénétrant dans l'usine métallurgique Schrader International, il salue les ouvriers, mais pas la presse. "Ah non ! pas les journalistes", grommelle le chef de l'Etat. "Ils sont épouvantables", glisse-t-il au directeur de l'usine, alors que la presse et les sondages annoncent une défaite pour la droite.
Lors d'une table-ronde sur la politique de l'emploi, M. Sarkozy lance une mise en garde : "Ils sont très imprudents, tous ces observateurs qui disent que vous avez décidé avant même d'avoir décidé. Les Français n'aiment pas qu'on choisisse à leur place." Nicolas Sarkozy, qui a appelé les Français à accomplir leur "devoir" électoral, espère réitérer son score des élections europ&ea...
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